Objection Votre Honneur



Publié le lundi 4 février 2008


Lundi 4 février 2008

UNE RELÈVE PÉQUISTE DOCILE SOUS LES JUPONS DE PAULINE MAROIS

 

Maman Marois a dit qu’il faut continuer la réforme scolaire, nous les jeunes péquistes on dit comme elle.

 

Maman Marois est tanné des débats publics des péquistes, nous aussi on est tanné, pareil comme elle.

 

Merci mes petits zouffs. Pour vous récompenser, maman Pauline va maintenant changer votre couche!

 



Lundi 4 février 2008

RAISONS DE PLUS D'AVOIR PEUR DE LA CULTURE DU PRIVÉ EN SANTÉ

L'argent fou

Éditorial de Serge Truffaut  Le Devoir, lundi 4 février 2008

Il y a une dizaine d'années, on observa les débâcles de la Barings, la banque de la reine d'Angleterre, et de Long Term Capital Management (LTCM), fondé par deux Prix Nobel d'économie. Puis il y a eu la déroute d'Enron. Aujourd'hui, on assiste à la fragilisation de la Société Générale, provoquée par des agissements sur un front où elle est numéro un mondial. Le dénominateur commun de ces revers? On produit de l'argent avec de l'argent. On engrange de l'argent sans lien avec l'économie réelle.

Arbitragiste travaillant pour la Société Générale, Jérôme Kerviel a perdu sept milliards de dollars en utilisant des paravents informatiques qu'il avait créés de toutes pièces. Cet incendie financier mis à part, le jeune homme avait pris des positions totalisant une somme supérieure aux fonds propres de cette banque (52 milliards). Pour faire court et simple, précisons que cet établissement, qui avait une réputation enviée grâce à sa fine maîtrise de l'ingénierie financière, a frôlé la faillite. Si tel avait été le cas, il aurait emporté avec lui nombre de ses concurrents à cause de la contamination que ce type d'événement entraîne obligatoirement.

Il y a de quoi être suprêmement agacé. Car n'eût été une évolution des cours boursiers contraire à ce qu'il avait prévu, le jeune Kerviel, plus zélateur que fraudeur, aurait eu droit à une jolie prime et à bien des félicitations. La réalité? Lui s'est fait prendre alors que d'autres continuent grâce à l'indifférence des hiérarchies chargées des mesures de sécurité. Tant que ça rapporte, on se moque comme d'une guigne des règles de prudence.

Il y a de quoi être profondément choqué, car, encore une fois, on a boudé en toute conscience les enseignements découlant de la culture de casino qui a fait sombrer la Barings, LTCM et d'autres que l'on oublie. Qu'on se le dise: la contre-fortune actuelle de la Société Générale présente bien des ressemblances avec celles nommées. Ainsi, à la faveur de l'enquête parlementaire déclenchée par la faillite de la Barings, on avait découvert que la nature des véhicules financiers manipulés par Nick Leeson, le courtier qui avait fait couler le bateau, échappait à ses patrons. Ils ne comprenaient rien. Comment voulez-vous contrôler un objet financièrement modifié quand sa matière, sa dynamique, est plus complexe que la théorie de la relativité?

Entre l'épisode de la Barings et celui de la Société Générale, la complexité des produits avec lesquels jonglent les traders est passée du simple au mille. Aujourd'hui, pour exercer ce métier, il faut être un crack en mathématiques ou un bonze en physique. Et pour ce qui est de la France, pas celles qui s'enseignent dans les universités mais dans les grandes écoles: Polytechnique, Mines et Centrale. On engage des têtes archipleines parce que rompues à la création d'outils monétaires suffisamment compliqués pour qu'ils soient invisibles pendant un certain temps aux radars des concurrents et des... autorités compétentes (sic).

Les autorités... Dans les années 80, les politiciens ont permis le décloisonnement des institutions financières, ont consacré l'indépendance des banques centrales, ont répondu avec un enthousiasme infantile aux sirènes de la déréglementation tous azimuts. Ils ont poussé le masochisme, pour rester poli, jusqu'à abandonner tous les outils macro-économiques. Au nom de quoi? De l'inénarrable main invisible qui n'a pas son pareil, affirment encore les marchands de sable, pour discipliner le marché par le marché. Comme si les économistes avaient trouvé la... pierre philosophale. Comme si l'économie était une science exacte et non plus une science dite humaine. C'est à pleurer!

On évoquait le masochisme de nos élus parce qu'aujourd'hui, en l'état actuel des choses, ils sont impuissants. Certes, ils sont en mesure de poser un pansement mais pas de juguler l'hémorragie qui frappe actuellement la planète financière. Car après la saignée des bien nommées obligations pourries ou junk bond, voici que les (aussi) bien nommées hypothèques exotiques ou subprimes ont mis à la rue pas moins de 1,3 million de ménages américains, au lieu du million prévu. Ils ont fait faillite.

Si le système se détraque, c'est que l'on a justement laissé faire, tout faire. On a éliminé les contre-feux érigés à la suite et à cause de la... crise de 1929! Que le président de Merrill Lynch démissionne pour mauvaise gestion mais empoche une prime de 160 millions symbolise la folie qui s'est emparée de la planète financière ainsi que l'irresponsabilité des politiciens. Ainsi que l'enseignait le vieux mais cher Balzac: «Derrière chaque fortune se cache un crime.»